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Travail illégal au Vietnam : un patron arrêté

À Tây Ninh, un dirigeant d’entreprise a été arrêté après avoir employé 18 ressortissants bangladais en situation irrégulière. L’affaire rappelle un point essentiel pour les étrangers au Vietnam : travailler, héberger ou employer sans statut légal peut rapidement devenir un problème pénal et administratif.

Passeport étranger et documents administratifs sur un bureau au Vietnam.

Un contrôle qui dépasse le simple problème de visa

La police de Tây Ninh a annoncé l’arrestation provisoire de Nguyễn Minh Hùng, représentant d’une entreprise locale, soupçonné d’avoir accueilli et fait travailler 18 ressortissants étrangers en situation irrégulière. Selon Tuổi Trẻ, ces personnes, de nationalité bangladaise, avaient dépassé leur durée de séjour autorisée au Vietnam et n’avaient pas effectué les démarches nécessaires pour prolonger légalement leur présence sur le territoire.

L’affaire est importante parce qu’elle ne concerne pas seulement un dépassement de visa. Les autorités vietnamiennes évoquent aussi l’absence de déclaration de résidence temporaire, l’absence de permis de travail et l’absence de contrat conforme. Autrement dit, le problème touche à la fois l’immigration, le logement, le droit du travail et la responsabilité de l’employeur.

D’après les éléments publiés par la presse vietnamienne, l’employeur aurait accepté ces travailleurs parce que leur coût était inférieur à celui de salariés locaux et parce qu’il n’avait pas à appliquer certains régimes ou obligations prévus par la loi. C’est précisément ce type de logique que les autorités cherchent à sanctionner : utiliser une situation irrégulière pour réduire les coûts de main-d’œuvre.

Pourquoi cette affaire concerne les Français au Vietnam

Même si les personnes arrêtées ou concernées dans cette affaire ne sont pas françaises, le message est très clair pour les expatriés, entrepreneurs, freelances, conjoints de Vietnamiens et voyageurs longue durée.

Au Vietnam, un visa valide ne signifie pas automatiquement que l’on a le droit de travailler. Un étranger peut être autorisé à entrer et séjourner dans le pays, mais cela ne suffit pas à exercer une activité salariée ou régulière. Pour travailler légalement, il faut que le motif de séjour, le contrat, le permis de travail ou l’exemption de permis soient cohérents avec l’activité réellement exercée.

C’est un point souvent mal compris par les étrangers. Un Français entré avec un eVisa, une exemption de visa, un visa touristique ou un statut familial ne peut pas simplement commencer à travailler parce qu’une entreprise locale le propose. De la même manière, donner des cours, aider dans un commerce, participer à une activité rémunérée ou travailler “à l’essai” peut poser problème si le cadre administratif n’est pas clair.

Le risque existe aussi pour les employeurs et les petites structures

Cette affaire doit aussi alerter les Français qui dirigent une société, gèrent un restaurant, montent une agence, organisent des tours, travaillent dans l’éducation ou collaborent avec des prestataires étrangers au Vietnam.

Employer un étranger sans permis de travail, sans contrat valide ou sans déclaration de résidence peut exposer l’entreprise à des sanctions. Le risque ne concerne pas seulement les grandes sociétés. Les petites structures, les ateliers, les commerces, les écoles de langues, les agences de voyage, les studios de création ou les entreprises familiales peuvent aussi être contrôlés.

Le point sensible est la réalité de la relation de travail. Même si l’arrangement est présenté comme une aide, une mission courte, une collaboration informelle, un échange de services ou une période de test, les autorités peuvent considérer qu’il s’agit d’un travail effectif si la personne reçoit une rémunération, occupe un poste régulier ou participe à l’activité de l’entreprise.

La résidence temporaire reste un point clé

L’autre aspect important concerne la déclaration de résidence temporaire. Au Vietnam, les étrangers doivent être déclarés auprès des autorités locales lorsqu’ils résident dans un hôtel, un appartement, une maison louée ou chez un particulier.

Dans la pratique, cette déclaration est souvent effectuée par l’hôtel, le propriétaire, l’agence immobilière ou l’hébergeur. Mais l’étranger a tout intérêt à vérifier que la procédure est bien faite. En cas de contrôle, l’absence de déclaration peut aggraver une situation déjà fragile, notamment si le visa est expiré ou si l’activité professionnelle n’est pas conforme.

Pour les Français qui vivent chez leur conjoint vietnamien, dans la famille de leur conjoint, en colocation ou dans un logement loué directement à un propriétaire, c’est un point à ne pas négliger. Une situation de séjour apparemment simple peut devenir compliquée si la déclaration locale n’a jamais été faite.

Ce que l’on sait précisément

Fait confirmé : selon Tuổi Trẻ, 18 ressortissants bangladais travaillaient dans l’entreprise alors qu’ils avaient dépassé leur durée de séjour autorisée au Vietnam. Le représentant de l’entreprise a été poursuivi dans le cadre d’une enquête liée à l’accueil et au maintien illégal d’étrangers.

Fait confirmé : les personnes étrangères concernées n’étaient pas en règle sur plusieurs aspects : séjour, déclaration de résidence temporaire, permis de travail et contrat.

Contexte : Tây Ninh a déjà connu récemment d’autres dossiers liés à des étrangers entrés pour un motif touristique puis restés travailler illégalement. En mars 2026, Người Lao Động rapportait par exemple l’expulsion de 11 ressortissants bangladais pour séjour irrégulier et travail non autorisé dans la province.

Analyse : ces affaires suggèrent un renforcement des contrôles visant les étrangers qui travaillent sans statut légal, mais aussi les employeurs vietnamiens ou étrangers qui profitent de ces situations.

Ce que ça change pour un Français au Vietnam

Pour un Français déjà installé au Vietnam, cette affaire est un rappel pratique : il faut vérifier que son statut correspond à sa vie réelle. Être présent légalement dans le pays ne suffit pas si l’on exerce une activité qui n’est pas couverte par son visa ou son titre de séjour.

Pour un salarié français, les documents à vérifier sont simples : contrat de travail, permis de travail ou exemption, visa ou carte de résidence temporaire, déclaration de résidence. Ces éléments doivent raconter la même histoire. Si le contrat dit une chose, le visa une autre et l’activité réelle encore autre chose, le risque augmente.

Pour un entrepreneur français, la prudence est encore plus importante. Il ne faut pas employer un étranger sans vérifier son droit au travail. Il ne faut pas non plus se contenter d’un accord oral ou d’un arrangement temporaire. Un contrôle peut remonter à la société, au gérant, au propriétaire du logement ou à la personne qui a organisé l’activité.

Pour un conjoint de Vietnamien, il faut distinguer deux choses : le droit de séjourner au Vietnam et le droit d’y travailler. Le mariage ou la vie familiale peut faciliter certaines démarches de séjour, mais ne transforme pas automatiquement une personne étrangère en travailleur autorisé.

Pour un digital nomad ou un freelance, la zone grise reste délicate. Travailler pour des clients étrangers depuis le Vietnam n’est pas la même chose que travailler pour une entreprise vietnamienne, recevoir une rémunération locale, enseigner, vendre des services sur place ou participer à l’exploitation d’un commerce. Dès que l’activité touche le marché vietnamien, le risque administratif augmente.

Les bons réflexes à adopter

Le premier réflexe est de ne jamais attendre l’expiration du visa pour agir. Une prolongation ou une sortie du territoire doit être anticipée. Une fois la durée dépassée, chaque jour supplémentaire peut compliquer la régularisation.

Le deuxième réflexe est de conserver des copies numériques et papier des documents importants : passeport, visa, carte de résidence temporaire, permis de travail, exemption de permis, contrat, déclaration de résidence et coordonnées de l’employeur ou du propriétaire.

Le troisième réflexe est de demander une confirmation écrite. Lorsqu’une entreprise affirme que “tout est en règle”, il faut demander les documents correspondants. Une promesse orale ne protège pas en cas de contrôle.

Le quatrième réflexe est de ne pas travailler pendant une période dite “d’essai” si le statut ne le permet pas. Le Vietnam peut considérer qu’une activité réelle existe dès lors qu’une personne travaille dans les locaux, reçoit des instructions, fournit un service ou touche une rémunération.

Ce qu’il faut retenir

  • Un visa valide ne donne pas automatiquement le droit de travailler au Vietnam.
  • Le permis de travail ou l’exemption doit correspondre à l’activité réelle.
  • La déclaration de résidence temporaire reste indispensable.
  • L’employeur peut être poursuivi s’il fait travailler des étrangers sans statut légal.
  • L’étranger concerné risque aussi une procédure administrative, une amende, une sortie forcée ou une expulsion selon les cas.
  • Les contrôles ne concernent pas seulement Hanoï, Hô Chi Minh-Ville ou Đà Nẵng.

Impact pour les Français au Vietnam

Cette affaire doit être prise comme un avertissement pratique, pas comme un fait divers éloigné. Les autorités vietnamiennes ciblent de plus en plus les situations où des étrangers restent dans le pays au-delà de leur visa, travaillent sans autorisation ou sont employés dans des conditions non déclarées.

Pour les Français, le message est simple : avant d’accepter un travail, de lancer une activité ou d’embaucher un étranger, il faut vérifier le cadre légal. Le risque n’est pas théorique. Il peut concerner un salarié, un professeur, un consultant, un restaurateur, un créateur de contenu, un freelance ou un entrepreneur.

Ce qu’il faut surveiller ensuite

Il faudra surveiller si cette affaire entraîne d’autres contrôles dans les zones industrielles, les petites entreprises, les écoles privées, les activités touristiques ou les structures employant des travailleurs étrangers à bas coût.

Il faudra aussi suivre les éventuelles communications des autorités vietnamiennes sur les sanctions applicables aux employeurs et aux étrangers en situation irrégulière. Une multiplication de cas similaires indiquerait une campagne de contrôle plus large.


Sources

  • Tuổi Trẻ, 29 mai 2026 — arrestation d’un employeur à Tây Ninh pour accueil et travail illégal de 18 étrangers.
  • Người Lao Động, 20 mars 2026 — précédent dossier à Tây Ninh concernant 11 ressortissants bangladais expulsés pour séjour irrégulier et travail non autorisé.

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