Vietnam : une dette fiscale peut bloquer votre départ
Le ministère des Finances a dû répondre à la polémique sur les blocages de sortie du territoire pour dettes fiscales très faibles. Pour les entrepreneurs étrangers, le sujet est concret : un départ peut être compromis si la situation fiscale n’est pas régularisée.

Pourquoi cette information compte pour les Français au Vietnam
C’est l’un des sujets les plus pratiques de la semaine pour les expatriés entrepreneurs. Au Vietnam, une personne liée à une dette fiscale peut faire l’objet d’un report de sortie du territoire. Pour un Français dirigeant d’entreprise, représentant légal, investisseur, travailleur indépendant ou conjoint impliqué dans une structure locale, ce risque ne doit pas être pris à la légère.
Thanh Niên rapporte le 30 mai que le ministère des Finances a transmis un rapport au gouvernement après une polémique concernant un cas de report de sortie du territoire lié à une dette fiscale de 15.000 dôngs. L’article rappelle qu’une proposition vise à fixer un seuil de dette fiscale à partir de 1 million de dôngs pour certains cas, notamment les contribuables qui ne sont plus actifs à l’adresse enregistrée.
Tuổi Trẻ avait déjà rapporté que l’administration fiscale vietnamienne avait émis des notifications de report de sortie du territoire concernant environ 105.000 représentants légaux d’entreprises et propriétaires de foyers d’affaires, pour près de 61.000 milliards de dôngs de dettes fiscales.
Fait confirmé
Le Vietnam utilise le report de sortie du territoire comme mesure de contrainte fiscale. Les personnes concernées ne sont pas seulement les particuliers ayant une dette personnelle. Le dispositif peut viser des représentants légaux d’entreprise, des propriétaires de foyers d’affaires ou des personnes liées à une structure qui n’a pas régularisé ses obligations.
VietnamPlus rappelle que la procédure comprend normalement trois étapes : identification du contribuable concerné, notification préalable de 30 jours, puis application du report si l’obligation fiscale n’est pas remplie.
Thanh Niên précise aussi que, selon les règles évoquées, certains seuils s’appliquent selon les cas. Pour les particuliers entrepreneurs et propriétaires de foyers d’affaires, l’article mentionne notamment un seuil de 50 millions de dôngs et un retard supérieur à 120 jours dans certains cas de contrainte administrative fiscale.
Contexte
La polémique vient du fait que certaines personnes affirment avoir découvert très tardivement, parfois à l’approche d’un vol, qu’elles étaient concernées par un report de sortie. L’administration fiscale répond que les notifications sont envoyées via les comptes fiscaux électroniques et publiées sur les portails officiels. Mais dans la pratique, beaucoup d’entrepreneurs ne consultent pas régulièrement ces espaces.
Pour les étrangers, le risque est amplifié par la barrière linguistique. Un Français peut être représentant légal d’une société vietnamienne, investisseur dans une entreprise, ou associé d’une structure gérée au quotidien par un comptable local. Si les déclarations fiscales, l’adresse de l’entreprise ou les obligations de fermeture ne sont pas correctement traitées, le problème peut ressortir au pire moment : à l’aéroport.
Ce que ça change pour un Français au Vietnam
Avant un départ international, surtout en cas de voyage important, il est prudent de vérifier la situation fiscale de toute structure dont vous êtes représentant légal ou associé actif. Cela concerne les sociétés, les foyers d’affaires, les licences anciennes, les entreprises dormantes, les structures créées puis abandonnées et les activités qui ont changé d’adresse sans mise à jour administrative.
Le point le plus important est l’adresse déclarée. Plusieurs sources vietnamiennes indiquent que les cas problématiques concernent souvent des contribuables ou entités qui ne sont plus actifs à l’adresse enregistrée, avec des dettes parfois anciennes et des notifications restées sans réponse.
Que faire concrètement
Un entrepreneur étranger devrait demander à son comptable une attestation de situation fiscale à jour, vérifier l’adresse enregistrée de l’entreprise, s’assurer que les déclarations périodiques ont bien été déposées et contrôler les notifications sur les portails fiscaux vietnamiens.
En cas d’ancienne société non utilisée, il ne faut pas la laisser “dormir” sans formalités. Une fermeture mal faite peut produire des obligations résiduelles, des pénalités et des notifications ignorées.
Ce qu’il faut surveiller ensuite
Le point à suivre est l’évolution du seuil de 1 million de dôngs. D’après les articles vietnamiens, l’objectif présenté par l’administration n’est pas de durcir la règle, mais de réduire les cas disproportionnés pour très petites dettes. Il faudra attendre la version finale et son application pratique.
Ce qu’il faut retenir
Une dette fiscale au Vietnam peut avoir une conséquence très concrète : empêcher temporairement une sortie du territoire. Les entrepreneurs étrangers, représentants légaux et propriétaires d’activités doivent surveiller leur situation fiscale, même pour une société peu active.
Impact pour les Français au Vietnam
Avant de prendre l’avion, surtout si vous dirigez ou avez dirigé une société au Vietnam, faites vérifier votre statut fiscal. Ne supposez pas qu’une petite dette, une ancienne adresse ou une entreprise inactive est sans conséquence. Le risque n’est pas théorique : il peut se matérialiser au contrôle de sortie.
Sources
Thanh Niên, 30 mai 2026 ; Tuổi Trẻ, 22 mai 2026 ; VietnamPlus, mai 2026.