Vietnam : vos comptes bancaires bientôt plus surveillés ?
Le ministère vietnamien des Finances confirme que les banques devront transmettre des informations sur les comptes des contribuables aux autorités fiscales. Pour les Français résidents, entrepreneurs ou freelances au Vietnam, c’est une évolution à suivre de très près.

C’est l’information économique la plus importante du jour pour les expatriés, indépendants et entrepreneurs. Le ministère vietnamien des Finances a confirmé que le projet de décret d’application de la Loi sur la gestion fiscale maintient l’obligation faite aux banques et intermédiaires de paiement de fournir des informations sur les comptes des contribuables.
Autrement dit, contrairement à certaines interprétations qui laissaient penser que cette obligation aurait été retirée, le ministère précise qu’elle reste bien dans le projet actuellement soumis à évaluation juridique.
Pour un Français vivant au Vietnam, cela concerne potentiellement plusieurs situations : compte bancaire vietnamien, revenus d’activité indépendante, commerce en ligne, société locale, transferts internationaux, ou résidence fiscale au Vietnam.
Ce que prévoit le projet
Selon VietnamPlus, les établissements de crédit, les succursales de banques étrangères, les intermédiaires de paiement et les réseaux de cartes internationales devront transmettre aux autorités fiscales des informations sur les comptes de paiement des contribuables. Les données citées comprennent notamment l’identité du titulaire, le nom, la date de naissance, le numéro fiscal, l’adresse, le numéro de compte et la date d’ouverture ou de fermeture du compte.
Le projet va plus loin. Il prévoit aussi des informations liées aux transactions : nombre d’opérations, valeur, contenu des virements, informations sur l’émetteur et le bénéficiaire, soldes, revenus générés, bénéficiaires effectifs, personnes autorisées et transactions suspectes au sens des règles anti-blanchiment.
Le ministère explique que ces dispositions visent à renforcer la transparence, prévenir la fraude fiscale et améliorer l’efficacité de la collecte de l’impôt.
Ce que cela ne veut pas dire
Il ne faut pas surinterpréter l’annonce. À ce stade, il ne s’agit pas d’un nouvel impôt visant spécifiquement les étrangers. Il ne s’agit pas non plus d’un contrôle automatique de tous les comptes d’expatriés du jour au lendemain.
Le fait confirmé est plus précis : le cadre de transmission d’informations entre banques et administration fiscale reste dans le projet de décret. L’analyse raisonnable est que le Vietnam poursuit une tendance déjà visible : formalisation de l’économie, lutte contre l’évasion fiscale, encadrement des paiements numériques et meilleure traçabilité des revenus.
Les profils les plus concernés
Les salariés expatriés déclarés par leur employeur sont moins exposés, car leur fiscalité est généralement déjà traitée via la paie et les retenues prévues. En revanche, trois profils doivent être attentifs.
D’abord, les freelances et consultants qui facturent à l’étranger tout en vivant au Vietnam. Ensuite, les entrepreneurs qui reçoivent des paiements sur comptes personnels ou mélangent flux privés et flux professionnels. Enfin, les vendeurs en ligne, créateurs de contenu et prestataires numériques qui encaissent via plusieurs plateformes.
Le Vietnam cherche depuis plusieurs années à mieux encadrer les revenus issus du numérique, du commerce en ligne et des paiements électroniques. Cette mesure s’inscrit dans cette logique.
Ce que ça change pour un Français au Vietnam
Le changement pratique est simple : il devient de plus en plus risqué de fonctionner dans une zone grise. Les résidents qui perçoivent des revenus au Vietnam ou depuis le Vietnam doivent clarifier leur statut fiscal, distinguer compte personnel et compte professionnel, conserver les justificatifs de virements, et vérifier si un numéro fiscal vietnamien est nécessaire.
Pour les entrepreneurs, c’est aussi le moment de revoir la structure de l’activité : société vietnamienne, contrat de travail, statut de consultant, facturation offshore, ou prestation ponctuelle. Chaque situation a des conséquences différentes.
Ce qu’il faut surveiller ensuite
Le texte est encore un projet de décret. Il faudra suivre sa version finale, son calendrier d’entrée en vigueur et les modalités techniques de transmission des données. La question centrale sera de savoir comment les autorités appliqueront ces règles aux non-résidents, aux étrangers titulaires de comptes vietnamiens et aux flux internationaux.
Ce qu’il faut retenir
- Le ministère des Finances confirme que l’obligation de transmission d’informations bancaires reste dans le projet.
- Les données concernent l’identité, les comptes, certaines transactions, les bénéficiaires effectifs et les flux suspects.
- La mesure vise la transparence fiscale et la lutte contre la fraude.
- Les freelances, entrepreneurs, e-commerçants et créateurs de contenu sont les plus concernés.
- Ce n’est pas une taxe spéciale sur les étrangers, mais cela réduit les marges de flou.
Impact pour les Français au Vietnam
Pour un Français installé au Vietnam, le message est clair : les flux bancaires deviennent plus lisibles pour l’administration fiscale. Il faut organiser ses revenus, ses comptes et ses justificatifs avant d’avoir un problème. Pour les entrepreneurs, un rendez-vous avec un comptable vietnamien devient fortement recommandé.
Sources : VietnamPlus / Agence vietnamienne d’information.